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la mémoire sélective

la mémoire sélective
Il ne faut pas en demander trop aux neurones ! Que l'on cache sa joie ou sa peine, refouler ses émotions impose un plus grand travail à notre matière grise. Celle-ci se trouve privée de ressources essentielles pour le bon fonctionnement de la mémoire. Résultat : à chaque fois que vous tentez de dissimuler ce que vous ressentez, vous "fabriquez" des trous de mémoire.

La maîtrise de soi comme élément perturbateur de notre intelligence, il fallait y penser ! Cette hypothèse de travail a conduit une équipe de scientifiques américains à tester la mémoire d'un groupe de volontaires, en leur diffusant un petit film au scénario particulièrement provocant : Un homme révèle à son épouse qu'il la trompe et que sa maîtresse est enceinte. La fille du couple assiste à la scène. Le genre de situation devant laquelle on peut difficilement rester indifférent. Un premier groupe de participants a été prié de n'exprimer aucune émotion durant la projection. Une fois le film terminé, ces derniers n'avaient conservé que très peu de souvenirs de ce qu'ils avaient vu, contrairement à l'autre groupe de volontaires qui, eux, avaient été invités à laisser libre cours à leurs sentiments.

En contenant leurs émotions, les personnes du premier groupe se sont adjointes une dose de stress supplémentaire. A force de concentrer leurs efforts sur un parfait self-control, ils ont détourné leur attention de l'objet même du film. C'est exactement ce qui se produit quand on donne l'ordre à son cerveau de refouler un sentiment : l'enjeu est alors de ne rien laisser transparaître. Dans ces conditions, le cerveau n'a ni le temps ni l'espace nécessaire pour accomplir son travail de mémorisation. Essayez de vous souvenir, par exemple, de la dernière fois où vous avez du retenir un rire ou des pleurs parce que le contexte l'imposait. Vous n'en conservez en fait qu'un vague souvenir.
# Posté le mardi 18 octobre 2005 06:26

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